Angosta - Héctor Abad Faciolince

Publié le par MéLi-MélO

9782709630603-G.jpg Ville des Andes, Angosta a été divisée par les militaires en trois « sekteurs » qui déterminent précisément la place de leurs habitants et leurs droits. Sur les hauteurs domine le Sekteur F, aussi appelée Paradis. C’est la terre des dons, riches industriels, anciens négriers ou directeurs de casinos. Ils peuvent se déplacer librement d’une zone à l’autre, mais se gardent bien de le faire.
Le Sekteur T est le véritable centre d’Angosta, l’ancienne zone caféière. Elle est habitée par les
secondons, classe moyenne d’artistes, de libraires, d’ouvriers... Les secondons ont besoin d’un laissez-passer pour entrer à Paradis. Au plus bas de la vallée commence le Sekteur C, refuge des tercerons. Zone de non-droit habitée par les marginaux, elle est le territoire de chasse de la Secur, la sanguinaire milice paramilitaire.
Nous suivons les habitants de ces zones d’exclusion dans leur vie, ou plutôt leur survie quotidienne. Jacobo, libraire de 39 ans, vit en Sekteur T. Divorcé, il a le malheur de tomber amoureux de la maîtresse d’un
don, mafieux à la tête du cartel d’Angosta. Andrés, jeune poète, ronge son frein dans sa famille de la Zone T. Ses parents n’ont qu’un héros, son frère Augusto, capitaine de l’armée et complice de la Secur. Jacobo et Andrés vivent dans le vieil hôtel décati de La Comédie, reste de la splendeur passée d’Angosta. Véritable microcosme, reflet de la cité d’Angosta, l’hôtel reçoit des pensionnaires divers dont l’auteur croque un portrait savoureux.
En décrivant les aventures, les espoirs, les doutes des habitants de cette cité dystopique qui se rapproche dangereusement de la réalité, Hector Abad Faciolince parle de la Colombie d’aujourd’hui, mais aussi de la corruption, de la liberté qui s’amenuise, de la violence, du secret, et de la littérature comme dernier refuge.


Voici le premier livre d'un auteur colombien dans mon répertoire. Je n'ai pas l'habitude de lire ce genre de littérature, mais le sujet m'a interpellé, et lorsque j'ai vu que BOB le proposait en partenariat avec les éditions JC Lattès, je me suis dit "pourquoi pas ?".


Angosta est une ville, dans laquelle la liberté est bafouée. Elle est divisée en Sekteurs (ce qui n'a pas manqué de me rappeler ma lecture de Hunger Games) : Les riches, les pauvres, et les très pauvres. La société décrite rapelle effroyablement ce dans quoi notre société à nous, est en train de glisser. Nous n'en sommes pas loin dans certains vrais pays de notre monde à nous... Et ça donne des frissons.

Ici, on suit le quotidien, les aventures, les espoirs et desespoirs des résidents de l'hôtel Comédie, situé dans le Sekteur du milieu. Un panel de personnages donc, tous interessants et attachants, tous un peu cassés aussi, et c'est ce qui fait leur richesse et la richesse du roman.

Même s'il est interessant, je reproche à ce livre de nombreux passages lents et ennuyeux. C'est bizarre, mais je pense que l'auteur aurait pu faire plus court. Il y a trop de mots, trop de répétitions. Cela pourrait être plus dense et plus concis.

D'autres passages sont interressants, on y trouve de la profondeur, une vraie réflexion et des émotions. Et beaucoup de justesse dans les sentiments. Ces passages là coulent tout seuls. Ca fait même du bien.

Concernant le style, c'est la même chose. Parfois, on trouve une vraie maîtrise, des jeux de mots, et une fluidité certaine. Et à d'autres moments, c'est long et laborieux, avec des descriptions répétitives.


le métier de libraire de livres d'occasion du personnage principal est interessant. Il est mordu de lecture, de livres qui ont vécu, qui ont une odeur, et j'ai apprécié ces passages sur la littérature "comme dernier refuge".


Finalement, je pense que ce livre mérite sa chance, ne serait-ce que par certains passages si justes et profonds. Mais j'avoue que parfois j'ai eu bien du mal poursuivre ma lecture. Mais cette lecture pousse à la reflexion : Et si ça arrivait ? On n'en est pas si loin...
Personnellement, je suis contente de l'avoir découvert, malgré ses défauts. Et je regrette vraiment (!!!) de n'avoir pas eu un bloc de post-its à côté de moi pour relever certains passages qui m'ont beaucoup plu ! Je vais devoir m'y replonger un de ces quatre !


Merci à
BOB et aux éditions JC Lattès de m'avoir fait découvrir gracieusement ce livre.

C'est un livre qui pourrait eventuellement s'inscire dans les divers challenges "autour du monde" !

Commenter cet article

Véro 05/03/2010 18:07


Je ne sais pas pourquoi mais ce sujet ne me tente pas trop ... en plus, tu parles de longueurs et ça m'insupporte dans les livres donc je le laisse de côté.


MéLi-MélO 05/03/2010 20:12


Il y a du bon tout de même dans ce livre, c'est certain !
Mais il est vrai que j'ai buté sur des longueurs et répétions.


MyaRosa 14/02/2010 21:19


Je trouve tes critiques très bien construites Mélo. Tu écris très bien et on comprend bien ce que tu veux dire. ;-)


MéLi-MélO 15/02/2010 20:47


Merci Mya, tu es adorable, ça fait plaisir.


MyaRosa 13/02/2010 14:23


Les passages sur le personnage libraire doivent être très intéressants.
Très chouette critique Mélo, comme d'habitude. :)


MéLi-MélO 14/02/2010 20:40


Merci Mya, j'ai bien du mal à faire des critiques construites en fait. Je ne suis jamais satisfaite :/
Il y a de nombreux passages que j'ai apprécié dans ce bouquin. Et d'autres moins... ;)